Afrique
Récit en
images, par PapaHougan et son équipe au Sénégal.
Mission Sénégal

Descente de l'avion à l'aéroport Léopold Sédar Senghor
Nous arrivons à Dakar par un
vol non direct, ce qui nous vaut un peu de fatigue du voyage. Nous
sommes accueillis par notre contact au Sénégal qui a déjà organisé la
location du véhicule 4x4 et nos premières nuits d'hôtel Dakarois, le SOUSOUM HOTEL, petit hôtel, très propre, qui nous offre une excellente
prestation qualité-prix, car il faut le dire, à Dakar les hôtels sont en
général très cher si l'on veut un peu de confort. Nous y sommes accueillis
par Etienne, le propriétaire, un belge très sympa marié avec une
sénégalaise.
Le temps de se reposer un peu et nous établissons notre premier plan
d'action afin de préparer notre itinéraire africain.

Notre Hougan dans les rues de Dakar


Vues diverses de Dakar la maison
lion, un camion sénégalisé , les transports ... C'est tout cela qui fait
Dakar !
Nous prendrons finalement la
route pour atteindre nos destinations africaines.
Mieux que des mots, voici un petit aperçu en images.





Un village sur le bord de la route

Les incontournables troupeaux de vaches sur la route

Une forêt de fromagers

Un fromager majestueux

Le Baobab

La route est longue, rasage dans le 4x4

Les termitières

Nous sommes arrivé à TOUBACOUTA
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MARCHES AFRICAINS
Achats de produits de base pour la confection de certains mélanges vaudou

A travers les marchés africains

Pour trouver divers éléments nécessaires à la confection de
nos poudres et bains, une sélection rigoureuse obligatoirement
nécessaire sera effectuée par PapaHougan sur les produits typiques.

C'est souvent dans des coins très reculés de ces marchés
que l'on trouve les meilleurs produits. Avec certains marchands
nous ferons affaire. C'est alors le début de la négociation qui
parfois s'avère très serrée, mais qui se termine toujours par
une bonne ambiance.

Ici les discussion seront plus serrées sur des produits plus
sensible provenant d'animaux sauvages protégés.
Nous refusons systématiquement d'acheter des produits venant
d'animaux protégés en provenance certaines de contrebande.
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Rencontre de la médecine traditionnelle Africaine
l'hôpital expérimental de FATIK (Sénégal)
Par
PapaHougan, Hougan du Hounfor de la Mandragore
Ma rencontre avec les tradipraticiens de l'Hôpital expérimental de FATIK (Sénégal) s'est déroulée avec un énorme intérêt d'écoute de part et
d'autre. Les guérisseurs féticheurs m'ont apparemment très vite reconnu
dans le cadre de ma charge de Hougan, ce
qui n'a pas été sans me toucher au plus profond de moi et m'ont réservé un
accueil digne d'un personnage important ...!...Avant d'arriver enfin en ce lieu
mythique, il a fallu passer par tout un
parcours vraiment pas fléché. Je
savais vouloir tout au moins visiter ce lieu dont on parle tant dans
certains milieux et qui a eu
l'occasion de certains reportages télévisuels notamment en tant que
"curiosité ou exception médicale" du monde africain.
Arrivé le 15 juillet
2004 au Sénégal à Dakar, il me faudra descendre sur la région de Fatik
près de Kaolack, toujours accompagné de mon fidèle Shango (Pascal), puis
d'arriver enfin dans la ville nous nous ferons aisément
indiquer la direction de MALANGO, nom donné à cet hôpital pas comme les
autres.
Nous longerons la rive du bras de mer pour arriver enfin devant une grande
enceinte blanche et vert
clair avec dans l'entrée une enseigne : ONG PRO.ME.TRA
Nous étions arrivé à destination.

Le centre de MALANGO
Après s'être présenté à l'entrée, il nous faudra des autorisations du
siège qui se trouve à Dakar pour
pouvoir pénétrer dans le centre. Ma fonction de Hougan vaudou m'ouvrira
immédiatement les portes et c'est par Emile, un médecin biologiste
sénégalais que nous sommes reçus.
Il m'explique tout d'abord qu'il sera très intéressant que je contacte le
président de PROMETRA
INTERNATIONAL à Dakar, le Dr Erick V.A. Gbodossou, car il
accepte de me
rencontrer. Le rendez-vous sera pris dans la foulée pour la fin de notre
séjour le 3 août de retour à dakar. Ce sera à l'occasion de cet entretien
que je découvrirai le pourquoi de l'intérêt de ma fonction Vaudou, le Dr Gbodossou
étant lui-même un haut dignitaire vaudou. Nous étions donc de la même
famille. Je comprends à présent pourquoi le Culte des Ancêtres est
omniprésent dans toutes les manifestations publiques de
l'organisation. C'est un grand soulagement de se savoir soutenu par
cette internationale vaudou mise en place par des passionnés de la
diaspora et qui permet de faire perdurer notre culte à travers notre
histoire tumultueuse. Notre rencontre portera bien entendu sur le
vaudou et sera riche d'enseignement et d'échange.
Revenons à MALANGO, Emile explique que chaque patient vient ici sur
rendez-vous et sera vu en premier lieu par un médecin moderne qui établira
un diagnostic clinique en se basant sur un tas d'analyses effectuées avec
un matériel moderne, chose rare au Sénégal il faut le dire (en dehors de
certains grands centres hospitaliers réservés à une élite),puis une fiche
confidentielle est remplie.
Ensuite le patient est remis entre les mains d'un ou plusieurs guérisseurs
qui n'auront en aucun moment connaissance du rapport préliminaire médical.
Le guérisseur établi alors son propre diagnostic selon ses règles
ancestrales et soignera le patient.
Un diagnostic de fin sera ensuite effectué par les médecins afin de
constater l'état de guérison du
patient.

PapaHougan et Shango
avec le Biologiste

Un labo de l'hôpital
Parmi les maladies qu'ils arrivent à
guérir il y a de très bons résultats
avec le diabète, devenu un problème de plus en plus important à cause
de l'alimentation au Sénégal avec les riz parfumés qui s'avèrent trop
sucrés.
Les résultats ainsi obtenus sont très encourageants et assez surprenant au
regard des occidentaux.
Depuis un certain temps déjà, l'OMS, par la voix de Mr Ebrahim Samba,
directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, appelle les pays africains à
reconnaître l'efficacité des médecines traditionnelles et invite les
gouvernements africains à créer un environnement favorable au
développement de la médecine traditionnelle et à son intégration dans
leurs systèmes sanitaires nationaux.
Face aux résultats obtenus dans ce type de structure, je comprends
l'intérêt de nombreuses grandes
universités de médecines à travers le monde qui envoient de temps à autre
des délégations de médecins sur place afin d'étudier le "phénomène
africain" ...
Imaginons en France notamment, les économies réalisées par la sécu en
introduisant cet état d'esprit de
soin... sous contrôle bien entendu..

Vue des
cases de l'hopital
Notre visite du centre se poursuit avec le médecin biologiste. Plusieurs
cases, toutes très clean, et plus loin je remarque une certaine curiosité
apparente de personnages se regroupant petit à petit.. Notre guide me dit
qu'il s'agit des guérisseurs. Immédiatement je lui fais part de mon désir
de discuter avec eux, mais il me fait comprendre qu'ils sont en
général assez discrets et ne recherchent pas la compagnie des
étrangers.
J'insiste.. Nous nous dirigeons vers eux et c'est alors qu'un premier
petit groupe de 4 ou 5 guérisseurs s'avancent vers nous.. La rencontre est
magnifique puisque d'emblée, c'est avec un grand sourire de bienvenue
qu'ils m'accueillent et de suite me pressent de questions.. nous irons
nous asseoir tous ensemble sous le regard un peu étonné du biochimiste, et
une grande discussion s'engage entre eux et moi-même. Très rapidement ils
affirment m'avoir reconnu comme étant des leurs. De plus ils semblent
très touchés, que le descendant d'Afrique que je suis, vienne de si
loin à leur
rencontre avec grande humilité certes, mais avec la conviction que je suis
bien venu pour apprendre et non pour prendre.. et aussi avec dans l'esprit
de restituer le "savoir" à la source, notre terre d'Afrique.
Nous palabrerons ainsi sous l'arbre durant un temps indéfini.

PapaHougan au milieu des
Guérisseurs-féticheurs les plus célèbres de la région
Puis il y aura des échanges entre nous.. L'un me dessine un signe dans le
sable et m'en explique la signification, me disant que dès que je voudrais
revenir vers eux, il me suffira de retracer ce signe cabalistique
accompagné de quelques volontés.. d'autres me donnent certaines recettes..
et 2 d'entre eux m'accompagneront lors de mon petit rituel de pleine lune
tout proche que je ferai sous le ciel Africain.
J'étais a la fois fier et flatté de savoir que c'était à travers moi, tout
le Hounfor de la Mandragore qui était reconnu à travers ces grands sages
africains, tous plus beaux l'un que l'autre dans leur dignité ...
Lorsque nous prendrons congé de nos charmants hôtes, nous nous arrêterons
devant le monument situé dans la cour d'honneur à l'entrée du centre. Il
s'agit d'une cruche percée de part en part ... L'explication me sera
fournie par ces mots : "on dit que la médecine traditionnelle à été
bafouée pendant très longtemps. C'est comme un vase troué si chacun dans
un élan collectif essayé de boucher un trou cette médecine traditionnelle
serait sauvée"

Nous posons devant le monument
Ibou Sy notre
correspondant du Sénégal, Pascal (Shango) Emile Niane (biologiste) et
PapaHougan
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GOREE
Seigneur Dieu !
Pardonne à l'Europe blanche. Et il est vrai Seigneur que pendant quatre
siècles de lumière, elle a jeté la bave et les abois de ses colosses sur
nos terres. Et les Chrétiens, abjurant ta lumière et la mansuétude de ton
coeur ont éclairé leur bivouac avec des parchemins, torturé nos talibés,
déporté mes docteurs, mes maîtres de sciences.
Léopold Sédar Senghor, Président de la République du Sénégal - 1967

L'Île de Gorée
Notre parcours passera obligatoirement par Gorée, ce
lieu maudit pour un peuple qui a subi l'humiliation durant 3 siècles,
transformé en lieu de pèlerinage là où la négation même de l'humanité a
atteint son apogée en instituant par les chaînes la régularisation du rapt
privant de liberté nos ancêtres, esclaves de ces blancs avides
d'exploitation et qui leur refuseront tout accès à la dignité humaine de
1536 à 1848, date de l'abolition de l'esclavage.
Nous nous devions de nous
rappeler ce que la mémoire collective s'efforcera d'oublier si vite par
l'escamotage de ce terrible génocide (20 à 30 millions de déportés selon
les sources et plus de 6 à 10 millions de morts à partir de Gorée)
par d'autres non moins glorieux mais facilitant pour certains peut-être la
bonne ou mauvaise conscience.
C'est ainsi que nous sommes amenés à visiter la Maison des Esclaves, haut
lieu d'histoire de l'esclavage, dans l'Ile de Gorée.
Nous nous rendons dans l'Ile à bord d'une chaloupe. La vue au loin de
l'île nous procure à Shango et à moi-même une certaine appréhension, Plus
nous nous rapprocherons, plus cette sensation de "malaise" se précisera,
normal, lorsque nous savons le lot de misères et de souffrances supportées
en ce haut lieu de la mémoire nègre.
Sitôt accostés, nous ne tenons pas compte des "nombreux marchands, guides
et faux guides" qui jalonnent la place au bord de l'embarcadère" pour nous
rendre directement par une petite ruelle encadrée de maisons colorées,
directement à la Maison des Esclaves.

PapaHougan accompagné de Shango
dans les rues de Gorée
Nous y sommes accueillis par le
conservateur, Monsieur Boubacar Joseph NDIAYE. C'est un personnage haut en
couleur et c'est un peu émus que nous écouterons ce fabuleux historien qui
a côtoyé les plus grands hommes de ce monde, nous conter l'histoire de la
MAISON DES ESCLAVES.

PapaHougan et Shango entourant
Le Conservateur de la Maison des Esclaves
Mr Boubacar Joseph NDIAYE.
"L'actuelle Maison des
Esclaves date de 1776, construite par les Hollandais. C'est la dernière
esclaverie en date à Gorée parce que les premières remontent à 1536, construites
par les Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l'île en 1444 .
L'effectif variait entre 150 à 200
êtres humains (hommes - femmes - enfants) séparés de cellules.
Ils étaient assis, le dos contre les murs et des carcans les maintenaient au cou
et aux bras. On ne les libérait qu'une fois par jour afin de leur permettre de
satisfaire leurs besoins.
Généralement les esclaves vivaient dans
un état d'hygiène si repoussant que la première épidémie de peste qui a ravagé
l'île en 1779 est partie de ce sanctuaire.
Bien des fois dans cette Maison, il s'y
trouvait toute la famille. Le père la mère et l'enfant étaient systématiquement
séparés. Leur destination dépendait des acquéreurs, le père pouvait se retrouver
en Louisiane, la mère au Brésil ou à Cuba et l'enfant partait pour Haïti ou les
Antilles.

La maison des Esclaves
Ils partaient de Gorée sous des numéros
matricule et non sous leurs noms africains. Une fois arrivés dans les
plantations, ils optaient pour le nom de leurs propres maîtres blancs.
La valeur d'un homme dépendait de son
poids et de sa musculature; le poids minimum étant de 60 kg, ils étaient
engraissés comme des oies pour atteindre le poids exigé, au moment de la vente.
La valeur d'un enfant dépendait de sa
denture et la valeur d'une femme de ses seins. Une jeune fille n'étant pas
considérée comme vierge une fois que ses seins s'affaissaient (une
ancienne coutume africaine qu'à l'époque les négriers avaient empruntée pour
mieux vendre leurs marchandises humaines)
.

Bien des fois, les jeunes filles
esclaves avaient des rapports avec les négriers et quand l'on constatait leur
état de grossesse, elles étaient mises en liberté dans l'île ou à Saint-Louis du
Sénégal.
Sous les escaliers en fer à cheval se
trouvent des oubliettes réservées aux récalcitrants.
Il y a aussi la chambre de pesage car
la valeur d'un homme dépendait de son poids et de sa musculature. Les hommes une
fois pesés étaient acheminés entre les deux escaliers en fer à cheval dans la
cours on les palpait comme du bétail afin de permettre à l'acheteur et au
marchand européens accoudés au balcon de juger sur la valeur musculaire de
chacun.

Chaque race africaine avait sa cote et
sa spécialisation, comme une espèce bovine ou chevaline ; la race la plus cotée
était " YORUBA ", types de l'ouest du Nigéria et de l'est du Bénin (Ex Dahomey).
Les " YORUBA " étaient considérés comme éléments géniteurs (reproduction) et on
les appelait esclaves " BOUCS " ou " ÉTALONS ". C'est également de cette ethnie
que vient le VAUDOU.

Longeant le long couloir donnant sur la
mer, nous avons la porte du " Voyage sans retour " d'où un petit quai en rônier
(bois de palmier) servait pour les embarquements d'esclaves. Face à la mer, deux
galeries de surveillance où se tiennent les gardiens, esclaves affranchis l'arme
à la main, car à chaque embarquement d'esclaves, certains esclaves tentaient de
s'évader en plongeant. Ces pauvres ne pouvant aller loin parce qu'abattus par
les gardiens ou dévorés par les requins (malades ou agonisant étant jetés à la
mer, cela attirait les requins).
De cette porte, pour un voyage sans
retour, ils allaient, nos ancêtres martyrs, les yeux fixés sur l'infini de la
souffrance.

Shango et PapaHougan surplombant
la porte du voyage sans retour d'ou partaient
nos ancêtres vers un avenir sombre
Ces hommes, ces femmes et ces enfants
traversèrent physiquement et moralement des mondes, abandonnant ce qu'ils
étaient et devenant des êtres d'un peuple à venir. Ils formèrent qu'un seul
peuple: afro-américain qui sera réparti entre USA, BRESIL, CUBA, CARAIBES ... "
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